Producteur rock

Tame Impala

Tame Impala

Bien des choses ont changé depuis l’apparition en 2008 de Tame Impala avec un premier EP d’enregistrements poussiéreux. Kevin Parker n’a pourtant guère changé sa façon de concevoir un enregistrement, même si le son qui sort de son home studio s’est largement ouvert, tout comme le nombre de personnes s’intéressant au  fruit de son travail s’est élargi. Dans le troisième album de Tame Impala, qui s’intitule Currents, Kevin Parker aborde un éventail extrêmement coloré de questions liées à la transition avec une audace et un esprit d’aventure qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors.

Fort de textes introspectifs d’une grande richesse, mais aussi d’une légèreté, d’une audace et d’une diversité musicale sans précédent chez Tame Impala jusqu’à présent, Currents est l’album dans lequel Parker baisse les armes pour mieux épouser le changement comme seule et unique constante  – que ce soit sur le plan musical, thématique et personnel.

Musicalement, Currents est le fruit du travail d’un orfèvre au sommet de son art qui se fait plaisir, Kevin Parker s’abandonne en effet pleinement à sa passion et n’hésite pas à  aller jusqu’au bout de son idée. Véritable groupe à lui tout seul en studio, Kevin Parker puise dans le hip hop contemporain, Thriller, le bon vieux funk des années 70, les Daft Punk de Discovery, la pop futuriste et les bouleversantes ballades des années 80, le tout au travers du filtre d’un troisième œil psychédélique résolument moderne. Ce savant cocktail sonore, fruit d’une grande curiosité et sensibilité, constitue en fait un nouveau territoire exaltant pour Tame Impala.

Sur le plan des paroles on y découvre un Kevin Parker très différent de celui d’il y a 7 ans. En évoquant les transitions de la vie, dans les relations, les perspectives, l’état d’esprit – Currents dessine l’évolution de Parker au travers de ces expériences et dévoile une toute autre facette de sa personne. Dans Innerspeaker sorti en 2010 et Lonerism paru en 2012, Tame Impala faisait un peu penser au type qui voulait entrer tout en restant à l’extérieur, maintenant qu’il est à l’intérieur il dirige les projecteurs sur lui-même. En s’arrêtant pour revenir sur le chemin parcouru, sa situation actuelle et la voie qui s’ouvre à lui, Currents reflète en fait une période tumultueuse.

Let It Happen, le premier titre dévoilé de ce nouvel opus, en donne un aperçu tout à fait révélateur.  En quelques huit minutes, Let It Happen traverse une kyrielle d’univers sonores. Si l’auditeur est d’abord bercé par des sons familiers, avec d’abord la batterie bientôt accompagnée de la voix de Parker, le titre s’échappe ensuite dans une sorte de cosmos, autrefois peuplé seulement de robots français, sur une mélodie lancinante avec des boucles en mauvais état et une orchestration synthétique suivi d’un vocodeur avant de s’achever sur des bribes de riffs de guitare.

Dans les premiers enregistrements de Tame Impala la voix de Kevin était noyée sous une couche de pédales fuzz psyché, bourré d’effets de reverb tandis qu’il interprétait des textes plein d’ambiguïtés. Dans Currents sa voix est devenue distincte et claire, il n’y va donc pas par quatre chemins.

Conçu dans l’avion, en voiture, à l’hôtel ou ailleurs depuis la finalisation de Lonerism en 2012, assemblé vers la fin 2014 et début 2015 chez lui à Fremantle en Australie, Currents a été écrit, interprété, enregistré, produit et mixé par Kevin Parker.

Tame Impala présente donc Currents, une bande –son des turbulences de l’existence.

tameimpala.com | facebook.com/tameimpala

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