Producteur rock

Stephen Malkmus & The Jicks

Stephen Malkmus & The Jicks

 Leur modestie et leurs bonnes manières les empêcheront de le dire eux même, mais le fait que Stephen Malkmus & The Jicks se soient développés ces 17 dernières années, plutôt que de simplement perdurer, en sortant 6 albums ayant chacun eu une importance dans la contre-culture musicale, constitue un réel héritage. Le challenge que représente le septième album du groupe, « Sparkle Hard », sorti le 18 mai 2018 chez Domino Records, est celui auquel tout groupe intègre ayant réussi est confronté : comment protéger cet héritage et son identité, sans devenir redondant (impossible !) et comment transmettre un message profond tout en y prenant encore du plaisir ?

Garder ces problématiques en tête lors de la composition de « Sparkle Hard » a été selon Stephen Malkmus (à la fois chanteur, compositeur et guitariste) assez égocentrique, et pas seulement parce que sortir de la musique en 2018 est déjà en soit un peu nombriliste.

Si comme lui vous êtes de grands consommateurs de Culture et que vous ressentez le besoin d’interagir avec, au lieu de seulement y réagir, alors inévitablement s’offre à vous un monde qui vous incite à éviter les faux pas. C’est exactement la méthode de Malkmus, Mike Clark (pianiste), Joanna Bolme (bassiste) et Jake Morreis (batteur) sur « Sparkle Hard ». On peut même dire qu’ils y excellent.

C’est un disque léger et désinvolte mais aussi profond, audacieux, mélancolique et contemplatif. C’est indéniablement du Jicks, mais débarrassé de certains automatismes et facilités qui peuvent venir avec le temps A cela s’ajoute de nouvelles saveurs inattendues (de l’ auto-tune, un peu de bricole, Kim Gordon au chant sur un titre, un morceau de 7 minutes avec une intro folk acoustique), ce qui donne au final des Jicks refaçonnés !

Si « Wig Out At Jag Bags », sorti en 2014, se situait entre les longues plages prog-rock de Pig Lib et la pop pleine de vie de Mirror Traffic, « Sparkle Hard » évoque moins directement ces précédents albums. Le groupe semble même avoir fait le plein d’énergie et d’enthousiasme.

Malkmus a commencé à écrire Sparkle Hard en 2015, après avoir investi dans de nouveaux équipements pour son home studio, dans des batteries électroniques et après avoir travaillé sur la série produite par Netflix Flaked, dont il a composé la musique d’ambiance et le générique de fin. Les démos ont été enregistrées en un jour en avril 2017 et dès le mois suivant The Jicks commençaient l’enregistrement à Halfling, un nouveau studio à Portland gérer par le multi-instrumentaliste Chris Funk de The Decemberists, qui a produit l’album.

Même si The Jicks ne se sont jamais coupés des réalités, sur Sparkle Hard la noirceur du monde moderne apparait plus clairement à la surface, le groupe allant droit au but que leur musique soit un brulot proto-punk ou un duo de country. Cet album est un feu clair et vif pour une période sombre et complexe.

stephenmalkmus.comfacebook.com/Stephen-Malkmus-The-Jicks


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