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Pond

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Sur la scène politique mondiale, des nuages orageux se rassemblent. Face à Trump, au Brexit, à Daesh, etc., qu’est-ce qu’un pauvre garçon peut faire d’autre que de chanter dans un groupe de rock’n’roll ? Dans ces conditions à se faire dessus, les rockeurs psychédéliques australiens POND ne sont pas idiots au point d’essayer d’offrir des solutions pour percer ces nuages, ni même des prévisions météo à long terme.

À la place, ils présentent « The Weather », leur propre lecture barométrique perplexe et quasiment jamais insensée de la situation géopolitique (entre autres), sous la forme d’un album excellent et qui donne à réfléchir, tout cela de leur point de vue privilégié à Perth, la ville de l’Ouest de l’Australie souvent mentionnée comme « la ville la plus isolée du monde », décrite sur l’album dans « Edge Of The World. »

« Beaucoup de chansons sont une sorte d’introspection australienne, » explique le chanteur-guitariste du groupe Nick Allbrook, « au sujet de cet endroit bizarre et perdu dans lequel notre segment démographique blanc s’est retrouvé, au sujet du fait de ne pas appartenir légitimement à ce pays et aussi de n’être absolument pas anglais, et au sujet de ce dilemme moral complètement vide et confus qui semble être partout dans le monde maintenant. »

POND, qui vient de la scène de Perth qui a aussi engendré Tame Impala, a peut-être été perçu jusqu’à maintenant comme un groupe vivant dans un monde vaporeux d’ingestion hallucinogène quotidienne et d’apathie due à la drogue qui éclipse tout. Pas vraiment. En 2015, Allbrook a écrit un essai réfléchi intitulé « Darwinisme créatif : les jolies fleurs poussent dans la merde. », révélant comment l’isolement géographique de ses pairs les a poussés à faire de la musique ensemble.

Leur vision orientée de façon unique devient enfin claire sur cet album, techniquement le septième album du groupe bien qu’il ne soit que le quatrième disponible dans le monde entier. Il débute avec « 30 000 Megatons », une méditation désespérante sur la menace nucléaire, dont l’hystérie des envolées de synthés progressifs reflète le malaise grandissant que nous ressentons tous dans le monde actuellement.

De façon ironique dans ce contexte, « The Weather » contient aussi certaines chansons les plus franchement pop de POND à ce jour. Le grand coup des morceaux 2-3-4 « Sweep Me Off My Feet », « Paint Me Silver » et « Colder Than Ice » voit le côté le plus direct mélodiquement parlant du groupe, même si un tournant subversif et ironique est présent.

pondband.com | facebook.com/pondling

 

 


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