Producteur rock

Pond

Pond

Les vagabonds de la côte ouest australienne Pond reviennent avec Tasmania, une sorte de missive complémentaire à leur opus de 2017 The Weather, à paraître en mars 2019. Tasmania est la méditation découragée de Pond sur fond de discorde planétaire, l’eau, le machisme, la honte, l’accusation et la responsabilité, l’amour, le sang et l’empire, le tout emballé dans une prog-pop luxuriante, produite et mixée par Kevin Parker, s’inscrivant comme un nouvel épisode essentiel dans le canon continuellement en expansion de Pond. Tasmania enrobe une appréhension anxieuse sous-jacente dans un éclat lumineux et apathique de satisfaction – à la fois réelle et parodique – plutôt que de sombrer dans l’auto-apitoiement, nous encourageant tous à célébrer les fruits de notre planète, à batifoler dans l’océan, faire du grabuge, se rouler dans l’herbe et savourer la sensation d’être amoureux – tant que c’est encore possible. D’un point de vue musical, Tasmania scintille avec cette sorte d’élégante majesté digne d’un environnement aussi sacré que son homonyme, produit de façon luxuriante tandis que le groupe s’aventure davantage vers des textures électroniques, utilisant un écosystème de boîtes à rythmes, synthétiseurs, vocodeurs et effets spéciaux pour livrer des chansons qui font partie des plus radieuses qu’ils aient produites. Daisy ouvre l’album par une section cordes mélancolique, comme pour nous avertir que tout ça va mal finir, avant que les rideaux ne s’ouvrent sur un hymne alt-pop dans lequel Allbook imagine sa famille et ses amis d’enfance de la région de Kimberly revêtus de chaînes. La chanson-titre frémit laconiquement à l’idée de se réfugier en Tasmanie avant qu’on ne soit tous foutus, une ballade puissante qui ronronne au son de l’électronique et des guitares tranchantes, tandis que The Boys Are Killing Me gronde de 808s et de peines de coeur, une méfiance palpable et grandiose des salauds, à la fois externes et internes, via un refrain qui tire résolument vers le haut et un final monumental digne de son propre opéra prog-rock. Burnt Out Star vibre doucement à travers le cosmos, éclatant ensuite au contact de notre atmosphère ravagée, avant que l’album ne clôture sur un hommage dystopien envoûtant au médecin le plus connu de Fremantle. Alors que Tasmania grogne de réticence face à l’acceptation de la défaite, vacillant sur le précipice de l’apathie, enveloppé de l’odeur de la honte d’être australien, d’être humain, l’expression d’amour de Pond pour leur environnement est tellement puissante qu’elle démontre qu’il reste encore de la combativité dans cette carcasse qu’on croyait en déclin.

pondband.com | facebook.com/pondling

 

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