Producteur rock

Pokey Lafarge

Pokey Lafarge

Chaque jour que Dieu fait, stylo en main, invariablement habillé en bleu. Eternel insatisfait. En proie à l’irritation. A un sentiment d’inachevé. Vêtu à mi-chemin entre l’homme d’affaire et le gardien d’immeuble, Pokey LaFarge s’efforce de comprendre les problèmes qu’il observe et ceux qu’il rencontre. Voilà le Grand Pourquoi de son inextinguible passion pour l’écriture. Un insatiable besoin d’être entendu dans un monde où chacun parle et personne n’écoute.

Les chansons de « MANIC REVELATIONS », le nouvel album de Pokey Lafarge, réclame toute votre attention. Les écouter donne l’impression de se trouver en face d’un homme qui bat et rebat incessamment un paquet de cartes, obtenant toujours une main différente. Chaque accord, chaque riff sert d’écrin à ses histoires. Mais ne vous y trompez pas : quelles que soient les cartes, Pokey LaFarge ne cherche rien d’autre que la vérité la plus pure. Se vautrer dans la boue ne lui fait pas peur. Prêt à tout si c’est pour le bien de ses chansons, il ne saurait pas quoi faire s’il devait mener une autre vie.

Si vous avez la chance de prendre un café avec lui au Mud House sur Cherokee Street dans le sud de Saint-Louis, vous verrez par vous-mêmes : Pokey LaFarge est facilement mal à l’aise, repoussant une pensée déprimante pour en accueillir une autre, parfois plus sombre que la précédente. Non qu’il soit lui-même déprimant, bien au contraire. Mais pour dire les choses comme elles sont, on ne compose pas des chansons comme les siennes sans avoir apprivoisé ses pensées les plus noires et passé un bon bout de temps à observer à tout ce que notre société a de plus révoltant. Voilà la source à laquelle Pokey LaFarge vient puiser son inspiration.

Pendant la conversation, il regardera à travers vous pendant que vous lui parlez. Dans le milieu du sport, on appelle ça avoir le « Quiet Eye ». Les meilleurs athlètes du monde possèdent cette aptitude déstabilisante qui leur permet justement d’être meilleurs que les autres. Pokey LaFarge a ce regard-là. Au baseball, l’un de ses sports préférés, les lanceurs ont cette manière d’analyser une situation complexe et de se concentrer sur ce qui doit être fait pour lancer un strike. C’est l’essence même du jeu. En une fraction de seconde, la balle fend les airs à près de 90 kilomètres/heure et le sort d’une ville entière est suspendu à un fil. Quand le lanceur parvient à se concentrer de cette façon, le match est gagné, et une vieille ville du middle ouest sur le déclin comme Saint-Louis vit l’un des plus grands moments de son histoire.

Portant à ses lèvres la tasse de café noire qu’il ne repose qu’à la nuit venue pour se saisir d’un verre de vin rouge, Pokey LaFarge est ce lanceur qui sort soudain de sa transe, se déploie et délivre le lancer de la victoire. Assis de l’autre côté de la table, il pose finalement son regard sur vous, prend sa respiration et se lance dans la conversation. Dans ces moments-là, vous avez à peu près autant de chance de l’entendre abonder dans votre sens que de le voir renverser la table.

Observer Pokey LaFarge entrer dans cette sorte de transe puis s’en extraire est un spectacle des plus impressionnants. Encore une fois, on ne compose pas des chansons de cet acabit sans être dévoré par un feu intérieur. Lorsqu’on aborde le sujet, Pokey se penche vers l’avant, regarde droit devant lui, et lance : « Les ténèbres ? La colère ? C’est dans mon chant, dans ma passion qu’elles ressortent. Entourées de belles paroles et d’une belle mélodie. »

« Tous ces gens qui donnent leur opinion… », poursuit-il en baissant la voix et en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule à un portrait de Woody Guthrie accroché au mur. « Le but  c’est que les gens ressentent quelque chose. Tout sauf de la colère. »

De l’émotion, les dix chansons envoutantes qui composent « MANIC REVELATIONS » en sont remplies à ras-bord. Chacune d’entre elles est l’aboutissement d’une décennie de dur labeur passée dans une ville qui a réussi, à sa façon, à inscrire son nom sur la carte des Etats-Unis. Avec ces dix chansons, Saint-Louis pourra dorénavant se vanter d’autre chose que de ses victoires dans les World Series.

Les éloges sont toutefois le cadet des soucis de Pokey LaFarge. Son seul but est de parvenir à apprivoiser le bruit qui résonne dans son crâne. Le confort est une perspective réjouissante, mais personne n’a jamais entendu Pokey rêver à voix haute d’une vie facile. Ces chansons-là, quelqu’un d’autre devra les chanter. Ce qui le stimule lui, c’est l’opposition, quel qu’en soit l’objet.

« Cet album parle de ça : la confrontation », explique Pokey. « Selon moi, ce disque peut être résumé en deux mots : composition et confrontation. »

pokeylafarge.netfacebook.com/PokeyLaFarge


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