Producteur rock

Frank Carter & The Rattlesnakes

Posted by on mar 9, 2020 in Artistes | 0 comments

Oubliez tout ce que saviez sur Frank Carter & The Rattlesnakes. Mettez de côté la splendeur sauvage de leur premier album de 2015, Blossom, et l’album top 10 suivant, Modern Ruin.

Effacez de vos souvenirs leur prestation scénique, qui reste l’une des expériences les plus viscéralement palpitantes du rock contemporain.

Parce que tout ce qu’ils ont fait jusqu’à présent les menait à leur ébouriffant troisième album, End Of Suffering.

« Ça a toujours été à propos de l’album numéro trois, depuis qu’on a commencé, » dit Frank, assis aux côtés du guitariste et co-auteur du groupe Dean Richardson dans leur espace de travail de Mile End.

« On savait qu’on devait rapidement arriver à l’étape où les gens se rendaient compte qu’on n’était pas qu’un groupe de punk hardcore. On a des idées qui vont au-delà de ça. »

N’ayant pris que six mois à réaliser, End Of Suffering – « La fin de la souffrance », baptisé ainsi selon un terme bouddhiste pour l’illumination – est le son d’un groupe qui entre dans un royaume de sensations entièrement nouveau. Une montagne russe de quarante minutes, incluant des détonations incandescentes, des ballades à l’âme déchirée et des berceuses grunge infiltrées de lyrisme honnête et lacérant.

« C’est le disque le plus honnête que j’ai jamais écrit, » explique Frank. « Blossom concernait la perte, Modern Ruin était à propos de fondations qui s’écroulent – que ce soit des relations ou la société. End Of Suffering est beaucoup plus personnel. C’est au sujet de la façon dont peut rendre les choses difficiles pour soi-même. »

Comme tous les grands disques, le périple pour y parvenir a été rempli de passion, d’obstination et une multitude de longues nuits sombres d’introspection.

Alors que la tournée prévue pour Modern Ruin s’est soldée par une date triomphale jouée à guichets fermés à la Brixton Academy en décembre 2017, Frank, Dean et le groupe se sont effondrés à Londres, encore sous le choc de ce qu’ils venaient de vivre.

« Modern Ruin cartonnait tellement bien, c’était dur de savoir quand s’arrêter,» dit Dean. « On a probablement continué six mois de plus que ce qu’on n’aurait dû. »

« Tourner c’est comme Valhalla, » ajoute Frank. « On est au summum de ce qu’on a accompli chaque soir. Ou plutôt, c’est là qu’on devrait être, parce que c’est ce que les gens qui ont payé pour te voir méritent. Le problème c’est que c’est tellement chaotique, et c’est si engageant psychologiquement, physiquement, spirituellement et émotionnellement, ça devient une taxe absolue sur ta personne. »

Le sens de désorientation du chanteur n’était pas aidé par le fait qu’il était aussi en train de se battre contres ses propres démons personnels.

« J’étais au milieu d’un divorce, et j’étais en train d’accepter la façon dont mes relations allaient changer, en termes de co-parentage, donc ce n’était pas facile d’écrire beaucoup de ces chansons, » dit Frank avec une candeur typique. « Tout le monde dit qu’il faut se laisser porter par la vague, mais c’est facile si on a une planche de surf. Je ne sais même pas nager. »

Au milieu de l’été 2018, Frank et Dean se sont vus régulièrement dans leur espace de Mile End, échangeant des idées, armés seulement d’une guitare électrique et d’un iPhone.

En contraste avec la nature intensément personnelle des paroles de Frank, les deux ont travaillé sur des morceaux qui ont reflété leur playlist Spotify de tournée – un mash-up liquide, très groovy d’un peu tout, allant de Prince à Post Malone ; The Bad Seeds à Childish Gambino.

« Quand je faisais partie de Gallows, j’avais un syndrome de l’imposteur sévère parce que les gens s’attendaient à ce que je n’aime que Black Flag, » explique Frank avec un sourire. « Mais même à l’époque j’aimais vraiment Bjork, j’adorais Madness et la musique classique. J’aime toutes sortes de trucs et cet album reflète ça. »

Cette détermination de s’éloigner de la camisole du punk rock les a vus recruter le producteur Cam Blackwood (George Ezra/Jack Savoretti) pour donner à leurs démos brutes un attrait plus étendu.

« On a arrangé une session d’essai et il a fini par écrire deux chansons et j’ai fait la meilleure performance vocale de ma vie sur ‘Love Games’, » explique Franck. « C’est un véritable producteur de pop mais il aime le rock de la même façon que nous. Il sait que c’est une attitude plutôt qu’un son. Il faut enfreindre les règles pour que ça reste frais. »

En enregistrant dans le studio « de la taille d’une boîte à chaussures » de Blackwood à Clapham, le groupe à exploité une énergie cinétique, alignant rapidement morceau après morceau plutôt que d’essayer de recréer le feeling des démos. Après des sessions supplémentaires chez Chapel Studios dans le Lincolnshire, une dernière couche de magie sonique à été saupoudrée via la légende du mixage Alan Moulder (Nine Inch Nails/QOTSA).

« C’est tellement facile pour des disques de rock de sonner comme des tribute albums, » dit Dean. « Il sait ce dont chaque chanson a besoin. Il les a élevées à un autre niveau. »

Le résultat est End Of Suffering, qui pulse d’idées, d’énergie, et crucialement, de mélodies qui tuent. ‘Kitty Sucker’, dans lequel Frank déclare lubriquement « I’m a punk rock renegade/A tattooed motherfucker dripping lust for decade » (Je suis un renégat punk rock/ Un fils de pute tatoué qui suinte le désir pour une décennie) est conçu pour créer un chaos dans l’arène à pogos, tandis que Tyrant Lizard King est encore plus vicieux, l’équivalent musical d’un combat au couteau sanguinolent entre Muse et Kasabian sur le plateau de Peaky Blinders.

C’est en revanche quand la furie est baissée d’un cran qu’End Of Suffering se trouve à son plus convaincant. ‘Anxiety’ est un hymne de festival en devenir, tandis que ‘Love Games’ est d’une beauté absolue ; un renvoi lourd en distorsion au meilleur moment d’Amy Winehouse, destiné à être la bande son de l’été. Ce qui nous amène au morceau titre. Une ballade acoustique qui se termine avec un enregistrement de la fille de Frank, Mercy, c’est un rappel émotionnellement vidé que l’heure la plus sombre est juste avant l’aube.

« Un album est une arme, » dit Frank en conclusion. « Ça peut être très thérapeutique pour les gens mais ça peut aussi faire des dégâts si on crée un voyage qui laisse les gens dans un endroit trop fragile, donc on veut que ça se termine sur une note positive. »

En effet. Dans une époque de pop qui ne dit rien et de rock corporate codifié, End Of Suffering fait ce que toute bonne musique devrait faire – soulever les esprits et bercer l’âme. Il n’y aura pas de meilleur album publié cette année.

andtherattlesnakes.com | facebook.com/frankcarterandtherattlesnakes

Lire la suite

Kim Gordon

Posted by on fév 14, 2020 in Artistes | 0 comments

Avec une carrière de près de quarante ans, Kim Gordon fait partie des artistes les plus prolifiques et les plus visionnaires encore actifs aujourd’hui. Cofondatrice du groupe légendaire Sonic Youth, Kim Gordon s’est produite dans le monde entier, collaborant avec de nombreux artistes parmi les plus grands, dont Tony Conrad, Ikue Mori, Julie Cafritz et Stephen Malkmus. Plus récemment, Kim Gordon a pris la route avec Body/Head, son projet envoûtant avec l’artiste et musicien Bill Nace. Malgré la nature exhaustive de son CV, l’aspect le plus fiable de la musique de Gordon est peut-être sa résistance à la formule. Les chansons se découvrent au fur et à mesure qu’elles se déroulent, chacune d’entre elles testant les possibilités et les limites du médium. Sa maîtrise est étonnante, mais la curiosité artistique de Kim Gordon reste la force directrice de sa musique.

Gordon poursuit cette quête sur No Home Record, son tout premier album solo, produit par Justin Raisen (Angel Olsen, Yves Tumor, John Cale, Charli XCX, etc.) et enregistré au Sphere Ranch à Los Angeles. Empruntant son nom à un film de Chantal Akerman, No Home Record est, à bien des égards, un retour autant qu’un départ. Lorsque Gordon a commencé à jouer de la musique au début des années 1980, elle utilisait une guitare, une boîte à rythmes et quelques paroles tirées de publicités dans des magazines. No Home Record contient des échos de cela, tant dans la forme que dans le concept.  Sur « Cookie Butter » (produit par Shawn Everett), la voix de Gordon s’élance avec insistance sur un rythme de goutte de pluie : « You fucked / You think / I want / You fell. » La chanson se poursuit, trépidante et entraînante, jusqu’à trouver une résolution dans les lignes « Industrial metal supplies / Cookie butter », illustrant parfaitement la capacité lyrique singulière de Gordon à mêler critique culturelle, divulgation et humour.

Cette capacité fascinante est encore illustrée par « Don’t Play it Back » (produit par Jake Meginsky) où la voix acérée de Gordon tranche la base électrique du morceau : « You don’t own me / Golden Vanity / You can pee in the ocean / It’s Free ». Ce clin d’œil à la relation de plus en plus tendue (et de plus en plus marchande) de la culture avec l’identité et le soi est l’un des thèmes centraux de No Home Record. « Shopping off a cliff / You’re a beath on my eye / To lose a compass of teeth / Hash away at twitter », récite Gordon, phosphorescente et triste, sur l’étonnant dernier titre de l’album « Get Yr Life Back Yoga », « Everyday, everyday, everyday / I fell bad for you, I feel bad for me. ».

Il est logique que cette « idée américaine » (comme le dit Gordon sur le morceau rock agité « Air BnB ») d’acheter l’utopie imprègne le disque, car ce phénomène n’est à aucun endroit n’est plus évident qu’à Los Angeles, où Kim Gordon est née et où elle est récemment retournée après plusieurs vies sur la côte est. Ce déménagement a été précipité par un certain nombre de changements sismiques dans sa vie personnelle et joue sans aucun doute un rôle dans la fascination de No Home Record pour la fugacité. L’album s’ouvre sur l’agité « Sketch Artist », où Gordon chante « Dreaming in a Tent », alors que la musique s’arrête et saute comme un paysage à travers la vitre d’une voiture. « Even Earthquake », peut-être le morceau le plus direct du disque, incarne cette ambiance ; la voix de Kim Gordon ondulant comme une aquarelle : « If I could cry and shake for you / I’d lay awake for you / I got sand in my heart for you », les coups de guitare se mêlent les uns aux autres alors qu’ils s’écoulent à travers une page instable. De l’avant à l’arrière, No Home Record est une opération experte dans le domaine de l’étrange. Vous n’écoutez pas simplement la musique de Kim Gordon, vous la vivez.

kimaltheagordon.com | facebook.com/KimGordonOfficial

Lire la suite

Jehnny Beth

Posted by on fév 5, 2020 in Artistes | 0 comments

La première fois que Jehnny Beth a émergé dans la conscience du public, ce fut en tant que charismatique leader et co-compositrice du groupe de post-punk britannique Savages, dont les deux albums ont été nommés pour le Prix Mercury, « Silence Yourself » (2013) et « Adore Life » (2016). Savages est en pause depuis 2017, Mais Jehnny Beth n’a pas chômé pour autant et en a profité pour faire quelques apparitions live aux concerts d’artistes tels que PJ Harvey, The XX et Anna Calvi, et a enregistré avec  Gorillaz et Julian Casablancas des Strokes. Avec son producteur de longue date Johnny Hostile, elle a aussi récemment enregistré la bande-originale de XY Chelsea (un documentaire sur Chelsea Manning), sortie sur le propre label du duo, French Pop Noire. Par ailleurs, Jehnny Beth anime une émission sur la radio Beats 1, « Start Making Sense » et vient de lancer une série musicale sur Arte, « Echoes with Jehnny Beth ».

Mais avec son premier album solo, « To Love Is To Live », Jehnny Beth mérite encore plus qu’on porte toute notre attention sur elle. L’album est un tour de force sonique, une sombre méditation cinématographique à propos du mystère d’être en vie. Tout au long de l’album, elle explore les plus profondes étendues de sa conscience créative, prise dans un tourbillon de sonorités, le résultat d’une collaboration avec des producteurs tels que Atticus Ross, Flood et Johnny Hostile, et des compositeurs et amis proches comme Romy Madley Croft des XX. Mais c’est David Bowie le premier qui a définitivement poussé Jehnny Beth à se lancer dans un projet.

jehnnybeth.com | facebook.com/jehnnybethofficial

Lire la suite

The Strokes

Posted by on jan 21, 2020 in Artistes | 0 comments

The Strokes ont sorti cinq albums à ce jour :

Is This It (2001)
Room on Fire (2003)
First Impressions of Earth (2006)
Angles (2011)
Comedown Machine (2013)

Ayant donné peu de concerts ces dernières années, c’est avec une grande impatience que les New-Yorkais sont attendus par leurs fans français. Lors d’un concert à New-York le 31 décembre dernier, Julian Casablancas a laissé entendre qu’un nouvel album était prévu pour 2020… De quoi relancer toutes les spéculations au sujet d’une potentielle tournée !

thestrokes.com | facebook.com/thestrokes

Lire la suite

Dry Cleaning

Posted by on jan 21, 2020 in Artistes | 0 comments

Dry Cleaning est un quartet venu du sud de Londres qui mélange du post-punk et de la pop new-wave avec un peu d’Americana. Leur EP « Sweet Princess », constitué de six titres, est un kaléidoscope d’images où le quotidien entre en collision avec le profond.

Fin décembre 2019, les Inrocks les désigne comme « groupe à suivre » et salue le fait que la formation londonienne ait choisi de remettre le « spoken word » au goût du jour.

—————————————

« Une des valeurs sûres du renouveau du rock UK ». Les Inrocks

drycleaning.bandcamp.com | facebook.com/drycleaningband

Lire la suite

Foo Fighters

Posted by on déc 21, 2019 in Artistes | 0 comments

La sortie en 1995 du premier album éponyme de Foo Fighters a marqué le début de l’ascension de Dave Grohl, Taylor Hawkins, Nate Mendel, Chris Shiflett, Pat Smear et Rami Jaffee jusqu’à leur statut actuel de dernier grand groupe de rock américain de stade. Au cours de leur carrière, ils ont remporté 12 Grammy Awards, vendu des dizaines de millions de disques et créé des hymnes tels que « This Is A Call », « Everlong », « Monkey Wrench », « My Hero », « Learn To Fly », « All My Life », « Times Like These », « Best Of You », « The Pretender », « Walk », « These Days », « The Sky Is A Neighborhood » et bien d’autres. Le catalogue monolithique de Foo Fighters comprend ce premier album éponyme, The Colour and the Shape, There Is Nothing Left To Lose, One By One, l’épique double-album In Your Honor, Echoes, Silence, Patience and Grace, Wasting Light, Sonic Highways (qui partage son titre avec le documentaire d’HBO réalisé par Dave Grohl et qui a remporté deux Emmys), et, Concrete and Gold qui s’est classé n°1 partout dans le monde et qui inclut le titre « Run », gagnant du Grammy de la meilleure chanson rock. Ayant fait une tournée des stades, arènes et festivals du monde entier entre 2017 et 2019, les Foo Fighters travaillent actuellement sur leur dixième album.

foofighters.com | facebook.com/foofighters

Lire la suite
Wordpress Themes - Wordpress Video Themes - Wordpress Travel Themes - WordPress Restaurant Themes