Producteur rock

The Wants

Posted by on nov 14, 2019 in Artistes | 0 comments

Avec l’instrumentation minimale du post-punk comme structure de leur musique, The Wants injectent le rythme hypnotique de la techno de Detroit dans leurs compositions pop. Menés par Madison Velding-VanDam (Bodega), dont l’insaisissable personnalité oscille entre un véritable romantisme et un côté pince-sans-rire déconcertant, The Wants forgent un chemin sombre hors des sentiers battus, avec une dissonance sur laquelle on peut danser. Les paroles vulnérables de Velding-VanDam se font parfois cinglantes, et reflètent le cycle complexe d’introspection de la génération actuelle, tout en puisant ses sources dans des œuvres telles que les satiriques « Essais Inflammatoires » de Jenny Holzer ou dans le cœur du frontman de The National Matt Berninger.

Les origines de The Wants se trouvent dans l’association du batteur Jason Gates et de Velding-VanDam, tant pour la musique que pour la production. Ils se sont rencontrés en 2014 dans le quartier de Bushwick, dans la scène DIY de Brooklyn à New-York et se sont rapprochés grâce à l’intérêt qu’ils portaient tous les deux au producteur Peter Katis (The National, Interpol) et à l’artiste/producteur de talent Angus Andrew (Liars).

facebook.com/thewantsband

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Juniore

Posted by on oct 14, 2019 in Artistes | 0 comments

Juniore grandit.

Après presque trois ans de concerts un peu partout dans le monde, un nouvel album « Un, Deux, Trois », sortira début 2020.

Enregistré par Samy Osta (La Femme, Feu ! Chatterton) ce nouvel album de Juniore est rempli de ces sonorités particulières, de ce savoureux mélange des genres et des époques et de la délicatesse brute qui caractérisent Juniore. Les nouvelles ritournelles continuent d’explorer le monde moderne tel qu’on ne l’imaginait pas tout à fait dans la France des sixties. Un genre de rencontre improbable entre Brigitte Bardot muse et l’univers loufoque des B-52’s – des chansons qui racontent l’époque actuelle dans tout ce qu’elle a de plus anachronique. A travers des slows langoureux, des rythmes qui twistent, Juniore raconte des histoires d’amour et de désamour, sceptiques et convaincues, toujours graves et légères, portées par des mélodies imprégnées des culture 60’s acidulée et teintées de mélancolie apocalypse, un genre de « yéyé noir » dont seul Juniore a le secret.

Toujours nostalgique, mais jamais rétro. Avec son charme discret, Juniore n’est pas à un paradoxe près. Mené par Anna Jean, le groupe de garçonnes à géométrie variable n’est pas simplement féministe ni seulement féminin. Sur scène, un personnage fantasque et mystérieux les accompagne. Comme dans un jeu de tarot que l’on bat, pour ce nouvel album, Juniore se produit à trois. « Un, Deux, Trois » Anna Jean chante de sa voix veloutée et partage guitares et claviers avec l’électrique Samy Osta, Swanny Elzingre est lumineuse et toute en forces sensuelles à la batterie.

Un projet artisanal – Anna écrit les chansons qu’elle joue avec Swanny et que Samy sublime. Elle dessine aussi les pochettes et assemble les vidéos avec l’aide de ses amis. Et si l’époque yéyé- Françoise, Sylvie et Sheila ne semble jamais très loin de cet imaginaire, elle ne la résume pas pour autant. Les urgences contemporaines se sont infiltrées dans les chansons, au plus profond des textes subtils et des mélodies délicates. Imprégnées de rêves cinéphiles, comme la bande son d’un road-movie inspiré par l’univers fantastique de Sergio Leone, de Romero, Polanski, Carpenter, Tarantino et le monde insensé de Jodorowsky – Juniore raconte ces anecdotes qui résument l’histoire, tirées de faits réels, d’affaires sensibles, d’intrigues quotidiennes, d’évènements ordinaires. Les orgues et les guitares mènent la lecture de ces morceaux qui se déclinent comme une narration en plusieurs chapitres, dans une autre dimension où tous les mélanges seraient autorisés.

En 2014, les deux premiers 45 T sortent sur le label Entreprise suivis d’un EP en 2016 avec Le Phonographe/A+LSO/SONY. Juniore se produit un peu partout en France, notamment en première partie de La Femme et une cassette paraît chez Burger Records (USA) au printemps 2016. Le premier album Ouh Là Là sort en France en 2017 (Le Phonographe/A+LSO/SONY) et après une Maroquinerie et une Boule Noire complètes, Juniore séduit et se propage un peu partout dans le monde – Espagne, Allemagne, Hollande, Belgique, Suisse, Danemark, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Etats-Unis, Mexique, Australie, Japon.

La sortie de l’album sur le label Outré en 2018 est remarquée par la radio BBC6 qui le nommera « Album of the Day ». Avec les Anglais de 13 Artists et l’équipe de Radical, Juniore fera les premières parties de Miles Kane et The Dandy Warhols pendant leurs tournées européennes en 2018/2019.

La musique de Juniore est utilisée dans des séries et films publicitaires (Good Girls, Killing Eve, Mythe, Hermès…) Juniore fait également une apparition dans le film « Les Fauves » réalisé par Vincent Mariette, avec Lily-Rose Depp et Laurent Lafitte, sorti en 2019. Un premier 45 T dévoile deux nouveaux morceaux du nouvel album de Juniore – Ah Bah D’accord/ En Solitaire – avant la sortie du disque en 2020.

facebook.com/heyjuniore


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Algiers

Posted by on août 27, 2019 in Artistes | 0 comments

Les fascinants Algiers dévoilent aujourd’hui un morceau inédit accompagné d’un clip intitulé ‘Can the Sub_Bass Speak?’, une nouvelle réalisation du groupe en collaboration avec le duo  de producteurs Randall Dunn et Ben Greenberg (Jóhann Jóhannsson’s Mandy Soundtrack, Sunn O))), Uniform). Cette nouvelle œuvre confronte le texte engagé et le free jazz du multi-instrumentiste et chanteur du groupe Franklin James Fisher accompagné du pionnier du saxophone Skerik et du batteur D’Vonne Lewis au maelström de visuels créés par le réalisateur Sam Campbell et le typographe Farbod Kokabi.

Inspiré par une rencontre impromptue avec les artistes Moor Mother et Harrga au festival Wysing Polyphonic en 2018, ’Can the Sub_Bass Speak?’ fait évoluer le groupe d’Atlanta vers de nouvelles directions collaboratives. C’est aussi le point de départ d’un nouvelle plateforme en ligne amenée à s’enrichir largement au cours des prochains mois >> thereisnoyear.com <<

La vidéo rappelle « l’abstraction visuelle » et le radicalisme politique de Lis Rhodes, artiste et réalisatrice féministe britannique, et John Akomfrah, cofondateur du collectif Black Audio Film, installant le texte de Fisher sur le racisme structurel dans le cadre de la résurgence du fascisme à travers l’Europe et aux Etats-Unis.

Fisher explique :

« Who has the cultural authority to designate origin and authenticity? “Can the Sub_Bass Speak? “is a frustrated regurgitation; a re-contextualization; a re-appropriation; a shield and a mirror that projects back onto the world a lifetime of interpellating language rooted in weaponized ignorance and supremacist privilege. The improvised punctuation is provided by Skerik on the tenor saxophone and D’Vonne Lewis on drums and percussion. The underlying cacophony traces the evolution of African-American music, experience and identity. This is not for the mercenary architects: the Jacks and Queens of simulated experience. This is for anyone who has found themselves on the sharp end of insidious, rhetorical prying: “Where are you from?” “What are you?” This is for anyone who has had their identity assigned and determined by the agents of patriarchy. This is for the Subaltern. »

Algiers annonce par ailleurs une tournée européenne pour 2020, avec un passage par Bordeaux, Nantes et Paris dans l’Hexagone. Le signe d’un futur album ?

algierstheband.comfacebook.com/Algierstheband

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Wives

Posted by on août 9, 2019 in Artistes | 0 comments

Composé de Jay Beach (guitare, chant), Andrew Bailey (guitare), Alex Crawford (basse) et Adam Sachs (batterie) WIVES est le dernier quatuor en date d’une lignée prestigieuse grunge New Yorkaise rythmée par le punk. WIVES est le groupe d’une ville, produit de son anxiété, de son bruit de ses arts et de son énergie.

WIVES, c’est la dissonance de SONIC YOUTH, l’énergie des premiers PIXIES, les ricanements intelligents et cérébraux de MARK E SMITH de THE FALL.

Waving Past Nirvana, leur premier single, est un manifeste du son WIVES avec son phrasé quasi parlé très rap 80’s des couplets qui laisse place aux guitares grunge 90’s pour un refrain rugissant. Toujours ancré dans le réel, WIVES rejette toute illumination spirituelle du Nirvana.

Le 45 tours Waving Past Nirvana et Kinda Like You est sorti le 24 mai, en attendant le premier album prévu pour le 04 octobre prochain.

facebook.com/WIVESNYC

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Rats On Rafts

Posted by on août 7, 2019 in Artistes | 0 comments

Rats on Rafts prête allégeance spirituelle aux scènes New Wave, Pop et Punk de Rotterdam avec une réserve : plus c’est bizarre, mieux c’est. Les Rats ont été ensemble pendant quelques années et, après s’être embêtés à enfin devenir bons, ils se sont embarqués dans une période qui les voit doucement être reconnus comme quelque chose de spécial.

« J’ai d’abord vu Rats on Rafts dans leur ville natale de Rotterdam. J’ai été impressionné par leur énergie et leur joie évidente de jouer ensemble. Ils m’ont rappelé le sentiment qui te pousse à créer un groupe. » – Will Sergeant, Echo and the Bunnymen

« C’est une pop psychédélique coriace, alimentée par un son de basse puissant et des mélodies géniales. Si seulement John Peel était encore en vie aujourd’hui, ils auraient joué pour lui la semaine prochaine. » – John Robb, Louder Than War.

 « C’est un de ces groupes dont les enregistrements ne tiennent pas la comparaison à leurs lives exceptionnels et fracassants. » – Richard Foster, Incendiary Magazine/The Quietus

« J’adore Rats On Rafts. Allez les voir jouer. Même si vous devez voyager jusqu’à Rotterdam. » – Alex Kapranos, Franz Ferdinand

ratsonrafts.com | facebook.com/RatsonRafts

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L’Épée

Posted by on juil 29, 2019 in Artistes | 0 comments

L’Épée – « Diabolique » par JD Beauvallet

Diabolique devait à la base être un album solo de l’actrice Emmanuelle Seigner, composé par les Français The Limiñanas et produit à Berlin par l’Américain Anton Newcombe. Mais un rêve est venu bouleverser ces plans. Il en est né un vrai groupe, baptisé L’Epée, une tournée, un album intense et quelques lettres d’amour émues au rock’n'roll, cette musique qui sauve des vies.

Au départ de beaucoup de choses électriques se trouve une chanson belle et ancienne, elle s’appelle Rock’n'Roll, avec des majuscules. Elle est signée Lou Reed mais elle parle d’une femme, dont la vie a été sauvée par le rock. Cette femme, comme tant d’autres adolescentes aux vies déviées par le rock sombre et mystérieux de Lou Reed, pourrait s’appeler Marie ou Emmanuelle. Car c’est autour de cet axe vicié du rock que Marie Limiñana et Emmanuelle Seigner se sont retrouvées membres d’un groupe aux allures de gang qui donne envie de changer de trottoir : L’Epée. Et ce ne sont pas les deux garçons du groupe et leurs dizaines de guitares qui vont dire le contraire : eux aussi sont tombés dans cette potion toxique quand ils étaient petits. “J’avais 11 ans”, se souvient Emmanuelle, qui s’approprie alors Lou Reed et les Rolling Stones comme alternative aux Brel et Brassens paternels. “J’étais tout gosse, je connaissais par cœur tous les noms sur les pochettes des Stooges et du Velvet”, continue Lionel Limiñana. “J’adore Lou Reed, conclut Anton Newcombe. Et je le déteste. Comment a-t-il pu pardonner à ses parents les cures d’électrochocs qu’ils ont financées pour soi-disant le guérir du rock’n'roll ? Je les aurais assassinés. Et le docteur aussi. J’ai choisi la liberté.” Nous sommes en présence de gens pour qui Lou Reed a compté.

On n’est donc pas surpris qu’une chanson de l’album Diabolique de l’Epée se nomme Lou. Le texte du grand Bertrand Belin, l’un des trois qu’il a écrits sur l’album, conservera pourtant son mystère, comme d’autres paroles faisant référence aux mythes new-yorkais, de Suicide aux New York Dolls.

Mais qu’on se rassure : si le Velvet Underground, avec son rock lacéré et noir, a servi de ciment à ce groupe international, Diabolique est tout sauf un album réservé à une caste, à des historiens. Il est l’œuvre d’un gang ou plutôt d’une famille réunie sans casting, sans artifice. Il est référencé, mais avec humour, distance. “C’était drôle de jouer avec cette mythologie, ricane Lionel. Je tenais à ces clins d’œil à ces musiques sur lesquelles nous nous sommes tous les quatre construits.”
“C’est sans doute un truc de génération, continue Emmanuelle Seigner. Nous avons tous à peu près le même âge, ces musiques nous ont constitués, voire sauvés. Quand j’avais 16 ans, bien avant de devenir actrice ou mannequin, mon rêve était de faire du rock. Mais bon, quelles étaient mes chances de croiser Lou Reed dans ma rue ? C’est un rêve qui ne m’a jamais quittée. Et mes expériences musicales m’ont beaucoup apporté dans ma vie d’actrice, de femme. Grâce à ça, je suis une actrice nettement plus détendue. Jouer au cinéma, c’est tellement plus facile que de monter sur scène ! C’est certain : ce n’est pas le même luxe. Mais j’adore la vie en van, en tournée, je préfère manger des sandwiches triangulaires avec le groupe que d’être au Festival de Cannes !”

Tous les quatre s’accordent à dire à quel point le rock a été primordial, formateur, fondateur dans leurs vies : chaque chanson de Diabolique peut donc être entendue, toute nostalgie bue, comme un message intime de gratitude. “Sans les disquaires et les libraires de notre enfance vers Perpignan, se souvient Lionel, la vie aurait été très difficile. Nous n’étions pas formatés pour jouer au rugby.”

Même son de cloche, mais dans l’autre sens de la traversée trans-atlantique, chez l’érudit Anton Newcombe. “Depuis que je suis gamin, j’écoute de la musique française… Ma passion est née avec des traductions de Jacques Brel par le chanteur et poète beat Rod Kuen. Puis il y a eu Gainsbourg, un génie, ou des artistes comme Françoise Hardy, Anna Karina, Polnareff, Antoine… Il y a quelques années, pour Musique de Film Imaginé, j’avais invité la Française Soko en studio. Elle n’avait encore jamais chanté en français ! Son manager m’avait laissé quelques albums français, c’est comme ça que j’ai découvert et adoré les Limiñanas. Ce qui me plaît tant chez eux, c’est que même s’ils adorent des trucs comme Lords Of The New Church, ils osent le français, ne se renient pas. J’en ai marre d’expliquer à des groupes français qu’ils n’ont aucune chance en singeant Oasis avec un accent pourri. L’autre souci de beaucoup d’artistes français est le poids écrasant de la tradition littéraire, qui les pousse à négliger la musique et les mélodies pour privilégier les mots. La pop, c’est pas Jean Cocteau. Les Limiñanas l’ont bien compris, en restant simples.”

C’est cette simplicité, cette fluidité qui séduisent sur Diabolique, le premier album de L’Epée à la genèse rocambolesque.

Tout commence dans la série Gossip Girl, où Emmanuelle Seigner remarque une chanson bouleversante. Elle est signée Limiñanas. Elle se penche alors sur les albums du groupe, et en tombe amoureuse. L’actrice, riche de deux albums solos et d’une collaboration avec Ultra Orange, est alors en manque de musique. Un journaliste des Inrocks la met en contact avec les Limiñanas.

Surexcitée à l’idée de cette collaboration possible, l’actrice, en plein tournage d’une série à Lyon, profite de son seul samedi de libre pour sauter dans un avion à l’aube. Direction Cabestany, le village proche de Perpignan qui sert de base arrière aux Limiñanas. Emmanuelle Seigner a le droit à la visite guidée de ce lieu où règne sans partage la musique. Studio, guitares, bouzoukis, ukulélés, basses marocaines, pédales d’effets, claviers étranges, instruments orientaux et gadgets soniques y occupent garage et rez-de-chaussée. “Nous sommes ensuite sortis manger des pâtes et faire un tour sur la plage, se souvient la chanteuse. Nous étions d’accord sur tout. J’ai adoré ces gens, sans la moindre frime. Ça change tellement du parisianisme !”

Les Limiñanas sont alors en train de terminer leur album Shadow People (2018) : Emmanuel Seigner se retrouve immédiatement enrôlée au micro sur le titre qui donne son nom à l’album. Très vite, le duo de Perpignan entame la composition des maquettes pour ce qui doit alors être un nouvel album solo d’Emmanuelle Seigner. La Parisienne revient finalement deux fois à Cabestany enregistrer des textes écrits par Bertrand Belin ou Lionel Limiñana lui-même. L’album semble alors prêt : ne lui manque plus, dans l’esprit du trio, que quelques retouches de production.

Ravi de sa récente collaboration avec Anton Newcombe sur l’album Shadow People, le groupe le contacte alors à Berlin, où il a installé son studio Cobra. Et rien ne se passe comme prévu. L’Américain, plus connu pour le rock psychédélique de son groupe The Brian Jonestown Massacre et le film Dig! qui lui est consacré, tombe amoureux des chansons que lui envoie Lionel.

Immédiatement, Emmanuelle, Marie et Lionel s’envolent pour Berlin le rencontrer : le temps qu’ils arrivent, il a déjà rajouté des guitares, du mellotron, des solos et sa sorcellerie aux titres. A Berlin, il a reconstruit son légendaire mur (du son) : un mélange dont il possède le copyright d’acoustique à la Byrds et d’électricité forcenée, détournée du psychédélisme. Puis chacun repart à son travail : tournées ou tournages. Jusqu’à ce qu’Emmanuelle Seigner ne reçoive une lettre de Newcombe : “J’ai fait un rêve, on faisait un groupe tous les quatre et on s’appelait L’Epée.” La Française est enchantée : “J’aime le côté guerrier du nom. Je préfère cent fois que ça sorte sous un nom de groupe que sous le mien ! Ce n’est que logique après l’implication de chacun. L’esprit de groupe, de gang m’a toujours attirée, j’aime l’idée de partage. Je n’étais pas heureuse de mes albums solos, je suis surexcitée par la tournée à venir.”

Immédiatement, les Français sont donc séduits par ce nom, sa puissance visuelle et évocatrice, que l’Américain a choisi dans leur langue. L’épée, ça sert à anoblir comme à couper les têtes : cette ambiguïté les ravit. “On ne sait toujours pas pourquoi il a choisi ce nom”, en rigolent encore les Limiñanas. Quand on lui demande de raconter son rêve, Anton Newcombe s’en sort par une vrille dont il a le secret : “J’ai vu une épée, à double tranchant, si je puis dire : d’un côté, elle peut te libérer. D’un autre, elle te découpe en morceaux… Je ne suis pas très fan des explications de texte, mais je pensais sans doute à ma chanson Silent Stream : “The truth shall set you free/In pieces you shall be” (La vérité te libèrera/en mille morceaux). C’est donc L’Epée qui te libèrera !”

Pris au jeu, L’Epée commence alors à réfléchir en termes de vrai groupe, monte même une vaste tournée qui démarrera en septembre. “Tout s’est agencé de manière naturelle, dit Lionel. Emmanuelle voulait tout sauf un disque lisse : il est finalement rugueux, sombre. J’ai l’impression d’entendre un mélange entre Jesus & Mary Chain et ce qu’on adore en France dans les années 60, des trucs barrés comme Ronnie Bird.” Basées sur leurs conversations, les paroles ciselées par Lionel mettent en scène une version fantasmée d’Emmanuelle Seigner, en aventurière, en pétroleuse. Confirmation de la chanteuse : “Cet enregistrement s’est déroulé de manière tout à fait organique, spontanée, amicale. Sans le moindre bullshit. Les chansons ont été écrites par rapport à la vision que Lionel avait de moi. Ce mélange entre morceaux ludiques et d’autres plus sombres me définit parfaitement.”

A Berlin, l’ambiance est effectivement joueuse. Dans une surenchère fiévreuse mais joyeuse, le groupe entasse en studio les pistes de guitares, les couches électriques, jusqu’à en perdre le décompte. Si bien qu’il envisage déjà de venir avec quatre guitaristes sur scène. Il faut dire que la guitare électrique reste un outil précieux d’artisan autant qu’un objet de fascination chez les membres du groupe. “C’est une chose sacrée, dit Lionel. Ma sainte trinité, c’est la guitare électrique, la pédale fuzz et la réverb.” “Je rêverais d’en jouer comme eux, fantasme Emmanuelle Seigner. Mon truc, ce n’est vraiment pas un album folk ou piano-voix. Il me faut de la fuzz. Je trouve ça si sexy, ce bruit.” S’il rêve déjà d’enregistrer une suite à Diabolique, Anton l’imagine pourtant volontiers sans ces strates illimitées de guitares. “Pour moi, elles sont surtout un outil de travail. Mon truc, ce n’est pas de jouer la rockstar avec mes guitares, mais de me servir d’elles pour communiquer. Elles sont accordées de manière tellement bizarre que je ne suis même plus certain de jouer de la guitare électrique.”

Il avoue ainsi aimer les facettes les plus vastes et sombres, proches des musiques de film, de l’écriture des Limiñanas. Ça tombe bien : Lionel a les yeux qui brillent quand il évoque cette obscurité qui touche beaucoup des titres de Diabolique. “Anton et moi, on adore les sons mélancoliques, les guitares graves ou les accords mineurs, on s’entend comme larrons en foire sur ce sujet.”

De cette expérience du studio berlinois en totale immersion, Emmanuelle Seigner n’est pas encore revenue. “C’était dingue. Anton passe sa vie à écouter la BBC et soudain, il se lève, empoigne sa guitare et joue des trucs ahurissants. Puis il revient sur le canapé et remet la BBC ! Il travaille aux pulsions. Il est surdoué, jamais laborieux ou scolaire. Je suis si contente de ne pas avoir fait un album solo. Ça faisait longtemps que je cherchais un groupe comme ça, qui me comprenne, sans calcul.”

Autrefois, Anton Newcombe avait monté le mystérieux Committee For Keeping Music Evil. Un programme autant qu’un label. “Le Comité de sauvegarde de la musique diabolique”, pourrait-on traduire. C’est Anton Newcombe qui, tiré de son rêve, a décidé du titre de l’album de L’Epée : Diabolique. On ne pouvait rêver meilleur comité pour offrir toute sa sympathie au diable.

facebook.com/lepeemusic


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