Producteur rock

Alexandra Savior

Alexandra Savior

Avec sa voix qui charrie les fantômes des clubs de jazz enfumés des années cinquante, son lyrisme lucide et littéraire digne d’un Salinger et son abandon de jeunesse révoltée, Alexandra Savior vous dira qu’elle fait de la musique « de western spaghetti insolente et impolie ».

Voilà une indication bien sentie de ce qu’elle a sous le chapeau pour 2016. Les tours et détours qui ont amené à sa présentation en bonne et due forme se révèlent tout aussi intrigants que sa musique.

Tout commence à Vancouver (État de Washington), à un jet de pierre de Portland (Oregon). En cours de grossesse, la mère d’Alexandra contracte le cancer du col de l’utérus, mais mère et fille survivent miraculeusement. « Apparemment, mon corps de bébé a bloqué le cancer », dit-elle. « C’est pour ça que mon père m’a appelée Savior, la sauveuse. »

Adolescente, elle fuit les brimades du lycée dans sa collection de vinyles de Velvet Underground & Nico, Nina Simone, Billie Holliday et autres, affûtant peu à peu sa voix, sans faire de bruit. Son diplôme en poche, elle traverse l’Atlantique et se retrouve à écrire de la musique en Angleterre. Certaines de ces premières démos atterrissent dans les mains de Columbia Records, qui propose un contrat à la chanteuse en devenir. Inspirée par le travail d’Alex Turner (Arctic Monkeys) sur la bande-son de Submarine, Alexandra se met en tête de lui faire écouter ses morceaux. Au bout de dix minutes lors de leur première rencontre, le duo se met à écrire et à créer un son inimitable.

Au cours de l’année 2015, ce son fait une incursion dans la culture populaire quand sa chanson Risk reçoit une place de choix sur la bande-son de la série True Detective, tandis que le très influent NME s’enthousiasme pour ses premiers concerts donnés à New York et Los Angeles, réclamant d’en entendre et d’en savoir plus. Alexandra décide de laisser parler sa musique et imagine des personnages qui reflètent le paysage merveilleusement insipide qui l’entoure à Los Angeles lorsqu’elle enregistre dans les studios VOX « hantés ».

« Je reste assez stoïque par rapport à mes émotions personnelles », admet-elle. « J’ai décrit des choses que je traversais, mais sans les prononcer. Au début, quand je me suis installée à L.A., j’observais un monde dont j’avais seulement entendu parler, mais qui s’avérait bien réel. J’avais l’impression de devoir comprendre qui j’étais en un an, et j’ai écrit là-dessus, sur cette difficulté. J’ai créé un imaginaire. »

Le morceau Shades la présente sur des secousses de tambourin, un froissement de guitare, une rumeur de synthé et sa voix suave, « I kinda wish that it was New Year’s Day on a vacant street. I cast a long ass shadow when you’re looking for your shade. »

« La chanson parle de savoir qu’on fait quelque chose qu’on ne devrait pas et de s’y complaire », sourit-elle.

Cet univers énigmatique reste marqué par des influences aussi variées que les films d’horreur des années 70 – parmi ses favoris, Ne vous retournez pas et Chromosome 3 –, des artistes comme Karen Dalton, Sharon Von Etten, Adriana Younge, et Les Baxter, et ses rêves débordants. Son espace d’expression artistique est également visuel : elle réalise des clips musicaux et n’arrête jamais de peindre et de dessiner.

Pour Alexandra Savior, tout se résume en un thème pénétrant que les gens peuvent emmener avec eux. « La vengeance », s’exclame-t-elle. « Il y a beaucoup de tristesse et d’amour dans ma musique. Et un grand Fuck You, aussi. »

alexandrasavior.com | facebook.com/AlexandraSavior


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